YOKO SEKI
Yoko Seki vit et travaille à Tokyo. Diplômée de l’ODA – École des métiers d’art, elle développe depuis plus de vingt ans une pratique textile où la couture devient un langage, une façon de tenir le monde ensemble.
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Chez Yoko Seki, recoudre n’est pas une simple technique : c’est une manière d’accueillir la vie, morceau par morceau. Les gestes sont patients, répétés, mais jamais mécaniques. Ils portent une attention, un soin.
Quand Yoko Seki coud, elle ne « fabrique » pas : elle transfère. Un souvenir passe dans la matière. Une émotion s’y dépose. Les fils deviennent une palette — chaque fil une nuance, chaque point une inflexion — et les tissus assemblés forment une phrase nouvelle, une histoire qui n’existait pas avant leur rencontre.
Tout commence souvent par un tissu reçu. Donné, trouvé, transmis. Pour Yoko Seki, recevoir un tissu revient à recevoir quelque chose de l’autre : une présence, une trace, parfois une joie, parfois une autre émotion qu’elle interprète. Il y a dans ce geste une gratitude silencieuse, et la promesse d’une métamorphose. Le tissu, une fois accueilli, devient vecteur : il est prêt à rejoindre d’autres fragments, d’autres mains, d’autres temps. L’artiste mêle alors ses propres émotions à celles contenues dans la matière, comme on mêle des voix pour former un chœur.
Ces tissus ont presque toujours quitté leur utilité première. Ils ne protègent plus, ne couvrent plus, ne servent plus. Mais loin du recyclage, Yoko Seki cherche autre chose : une dernière raison de vivre. Ses œuvres portent cette idée simple et radicale — ce qui est usé n’est pas terminé, ce qui est abandonné peut encore devenir présence. En brocante, dans les piles d’étoffes, elle écoute. Elle cherche un tissu qui « parle » : une texture, une usure, un pli, une fonction ancienne. Les traces d’usage deviennent des signatures. Les accidents deviennent des beautés.
Exposer ses œuvres, c’est leur donner de l’air. Elles ne se résument pas à des surfaces : ce sont des corps textiles, des peaux habitées. Elles demandent un espace, une lumière, des ombres. Suspendues, tendues, posées, ou laissées au sol, elles se transforment selon leur situation. Le dispositif d’installation n’est pas un décor : c’est une respiration, une manière de révéler les deux faces du travail — les coutures, les superpositions, les envers, les histoires cachées.
Yoko Seki cherche un impact qui existe de loin, puis change au plus près. De loin, une force. De près, une intimité. Les volumes, les plis, les reliefs invitent le regard à circuler, à contourner, à s’arrêter. Le visiteur est encouragé à rencontrer l’œuvre à plusieurs distances, comme on approche quelqu’un : d’abord la silhouette, puis les détails, puis la relation.
Ses pièces ne sont pas destinées à redevenir des vêtements. Elles conservent le souvenir du corps, mais s’en émancipent. Elles existent comme des objets autonomes, dont la présence est renforcée par la lumière et l’ombre, comme si le textile respirait.
Les œuvres de Yoko Seki naissent presque toujours d’une union : une multitude de fragments rassemblés, amassés, cousus, jusqu’à former une nouvelle unité. Leur force vient de là : de ce qui tient ensemble malgré les disparités. Dans cette exposition, son travail parle de lien — union des matières, union des gestes, union des histoires — et de cette capacité à réapprendre l’essentiel : vivre avec peu, regarder autrement, faire de l’ordinaire un trésor.
Dans l’exposition à l’Espace Sugoi, la référence à la pêche prolonge cette idée : activité collective, fondée sur l’effort partagé, elle rappelle que seul, on atteint rarement le but, tandis qu’ensemble, une prise devient possible. Le filet, versatile, change de forme sans perdre sa fonction. Le textile, lui, incarne la force sensible de l’assemblage. Entre matière et geste, entre trace et réparation, le travail de Yoko Seki fait du fil une manière de relier — et de réparer, doucement, ce qui semblait séparé.
Aujourd’hui l’Espace Sugoi présente le travail de Yoko Seki. Pour découvrir les oeuvres, regardez ci-dessous, sinon découvrez l’exposition en cliquant ici
EXPOSITIONS
2025 Nakama Project (exposition solo) – Shodoshima / Japon
2023 Ogu Mag (exposition duo) – Tokyo / Japon
2015 Design Festa Gallery (exposition duo) – Tokyo / Japon
Rondo art Gallery (exposition groupe) – Tokyo / Japon
2014 Gallery Camellia (exposition duo) – Tokyo / Japon
2013 Gallery Camellia (exposition solo) – Tokyo / Japon
2012 Gallery Camellia (exposition solo) – Tokyo / Japon









Dans l’exposition
LES OEUVRES PRÉSENTÉES DANS L’EXPOSITION À L’ESPACE SUGOI (2026)
« Les œuvres de Yoko Seki naissent presque toujours d’une union : une multitude de fragments rassemblés, amassés, cousus, jusqu’à former une nouvelle unité. Leur force vient de là : de ce qui tient ensemble malgré les disparités. Dans cette exposition, comme son travail parle de lien — union des matières, union des gestes, union des histoires — et de cette capacité à réapprendre l’essentiel, j’ai ajouté la référence à la pêche en liant ses oeuvres avec des objets donnés par un pêcheur qui a perdu son bateau. Accompagnés des poissons de Miki Fukumoto, la référence prolonge cette idée d’activité collective, fondée sur l’effort partagé, elle rappelle que seul, on atteint rarement le but, tandis qu’ensemble, une prise devient possible. Entre matière et geste, entre trace et réparation, le travail de Yoko Seki fait du fil une manière de relier — et de réparer, doucement, ce qui semblait séparé. » Sophie Cavaliero










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