NAOYUKI OGINO

Photographe japonais ayant vécu dix ans au Mexique, Naoyuki Ogino a débuté sa carrière en explorant ses origines à travers des travaux à caractère ethnologique, documentant la vie des communautés asiatiques. De retour au Japon, il s’est intéressé au folklore de son pays natal, réalisant notamment une série importante sur les geishas intitulée A Geisha’s Journey. C’est dans le prolongement de ce travail qu’est née sa contribution au Neko Project.

La Petite Divinité

Dans une maison de geishas à Kyōto, Ogino a observé une hiérarchie singulière : une petite chatte blanche nommée Koyuki est affectueusement appelée Wakaokami, terme japonais signifiant «jeune propriétaire» ou «petite divinité». Ce surnom reflète la place prééminente qu’elle occupe, surpassant même les geiko (geishas) et maiko (apprenties) de la maison. Le photographe souligne que ce surnom évoque également le caractère sacré attribué aux chats dans la culture japonaise, imprégnée d’animisme et de polythéisme. Les chats y sont souvent perçus comme des êtres spirituels, capables de naviguer entre le monde des vivants et celui des esprits. Ogino partage cette vision :

« Je ressens que les chats vivent dans l’entre-deux, entre plusieurs mondes, entre cette vie et l’au-delà. Je pense que les Japonais vivent également dans plusieurs mondes simultanément, y compris cette vie et l’au-delà. C’est pourquoi les chats ont une signification particulière dans la culture japonaise : ils nous relient d’un monde à un autre. »

Dans la série présentée pour le Neko Project, Koyuki incarne cette passerelle entre le quotidien des geishas et le monde spirituel. Elle règne non seulement sur la vie domestique de la maison, mais symbolise également une divinité bienveillante, un lien entre les mondes visible et invisible.

Pour découvrir davantage le travail de Naoyuki Ogino, vous pouvez visiter son site officiel : naoyukiogino.jp.

Dans l’exposition