TOSHIKO HASHIMOTO
Toshiko Hashimoto est une photographe japonaise du quotidien. Elle partage des scènes de sa vie de famille quotidienne (son mari, ses deux enfants, son chat). Hashimoto imprègne ses photos noir et blanc (souvent granuleuses) d’un sentiment d’émerveillement et de fantaisie. Elle a publié chez l’éditeur Fugensha un livre intitulé « Flies at night ».
Toshiko Hashimoto raconte l’histoire de Nyah et Shah.
« Il y a plus d’une douzaine d’années, je menais une vie paisible, seule dans un vieil appartement en bois de deux pièces, qui devait avoir une quarantaine d’années à l’époque. Une nuit d’été, en pleine canicule, un bruit provenant de la pièce du fond me réveilla en sursaut. « Un intrus ! » fut ma première pensée. Je me levai, le cœur battant, et allumai la lumière avec appréhension. À ma grande surprise, une chatte et un petit chaton tigré brun surgirent tout à coup d’un placard. Je me souvins alors qu’un certain temps auparavant, une chatte maigre et craintive, visiblement enceinte, était apparue sur ma véranda. J’avais fini par lui donner un peu de bonite séchée. Plus tard, j’avais remarqué qu’elle avait mis bas, et j’avais supposé qu’elle avait trouvé un abri quelque part. Mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle choisirait ma maison !
Le chaton, encore vacillant sur ses pattes, me salua d’un audacieux « Shah ! » dès notre première rencontre. Je n’avais jamais vécu avec des chats jusqu’alors, mais ce face-à-face nocturne fit de moi, en un instant, la mère adoptive de ces deux êtres. J’ai appelé la chatte adulte Nyah, et le petit, en hommage à sa déclaration pleine d’aplomb, Shah, comme un souverain perse. Shah bénéficia ainsi de l’amour de deux mères : l’une féline, l’autre humaine. Il grandit rapidement pour devenir un excellent chasseur, rapportant fièrement à la maison plusieurs prises par jour. Quant à Nyahmie, après avoir élevé un fils aussi remarquable, elle perdit peu à peu ses manières de chatte des rues. Elle devint douce, calme et belle — révélant ainsi sa véritable nature de chatte d’intérieur.
Trois ans plus tard, je ne pus malheureusement plus vivre avec eux. Mes parents les accueillirent alors à la campagne, où ils découvrirent les joies de la vie rurale. Je suis heureuse de dire qu’ils ont mené tous deux une vie de chat riche et épanouie, avant de s’éteindre paisiblement.
Bien sûr, leur comportement « naturel » m’a souvent causé des désagréments, mais au fil du temps, leurs espiègleries m’ont profondément attendrie. Les photographies que j’ai prises d’eux chaque fois que j’en avais l’occasion sont aujourd’hui un précieux témoignage de notre vie partagée. »
Pour découvrir davantage le travail de Toshiko Hashimoto, vous pouvez visiter son instagram : hai_nosuke
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