Éclats de fils et d’écailles – Les oeuvres

MIKI FUKUMOTO

copyright Miki Fukomoto

« L’épidémie de Coronavirus, qui a bouleversé le monde entier, m’a amenée à réfléchir profondément à mon propre avenir. Au Japon, j’avais adopté une alimentation très frugale – quelques légumes, quelques condiments – dans un esprit d’austérité. Un jour pourtant, une envie irrépressible de poisson m’a traversée : j’en ai acheté, avec le désir sincère de le préparer, de le cuisiner.
Ce fut une révélation. J’ai été saisie par la beauté de ces êtres marins, captivée par leurs écailles et les jeux de lumière fascinants qu’ils offraient.
En les préparant – chaque écaille détachée, chaque morceau de chair découpé – j’ai ressenti intensément la fragilité de la vie, et le danger permanent qui nous entoure. C’est ce lien profond avec le poisson qui m’apporte une énergie vitale, une force qui me permet de continuer à vivre.
Dans mon cœur, je ressens une immense gratitude. En les admirant, une pensée s’impose : eux aussi méritent de rejoindre le Ciel. » MIKI FUKOMOTO


YOKO SEKI

copyright Yoko Seki

« Les œuvres de Yoko Seki naissent presque toujours d’une union : une multitude de fragments rassemblés, amassés, cousus, jusqu’à former une nouvelle unité. Leur force vient de là : de ce qui tient ensemble malgré les disparités. Dans cette exposition, comme son travail parle de lien — union des matières, union des gestes, union des histoires — et de cette capacité à réapprendre l’essentiel, j’ai ajouté la référence à la pêche en liant ses oeuvres avec des objets donnés par un pêcheur qui a perdu son bateau. Accompagnés des poissons de Miki Fukumoto, la référence prolonge cette idée d’activité collective, fondée sur l’effort partagé, elle rappelle que seul, on atteint rarement le but, tandis qu’ensemble, une prise devient possible. Entre matière et geste, entre trace et réparation, le travail de Yoko Seki fait du fil une manière de relier — et de réparer, doucement, ce qui semblait séparé. » Sophie Cavaliero